Jolly Roger

Y en a qui deviennent sergents Ou marchands d'peinture Y en a qui vendent des cure-dents Ou de grosses voitures Y en a qui restent tout l'temps Enfermés comme des patates Mais moi quand je serai grand Je serai pirate.

mercredi 31 mai 2006

DANS LE BROUILLARD

En tant que passagère clandestine de cet étrange navire, je suis condamnée à errer à fond de cale, être le plus discrète possible pour que le capitaine ne me remarque pas  car, bien que pirate, le capitaine reste le seul maître à bord et les autres n’ont qu’à filer doux…

Je suis donc réduite à vous envoyer de courts messages, telles des bouteilles à la mer…romanpatr_passager_20clandestin_203

Comme disait Baudelaire « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle… », c’est Paris aujourd’hui, à tous les sens du termes ..ciel gris, vent froid, partie au boulot avec un blouson d’hivers..

Pesant aussi, ces piles de dossier qui s’accumulent, tous plus urgents les uns que les autres, et ces appels incessants des titulaires desdits dossiers, qui déversent  leurs misères, leurs malheurs, leurs craintes et espoirs, bien au-delà de ce que je peux professionnellement leur apporter, ils le savent, je le sais, et pourtant ça continue, encore et encore… « Mais toi tu es forte » me disent les gens et un certain entourage, je n’en sais rien,  c’est possible parfois, c’est moins vrai d’autres fois, en tout état cause, je n’ai pas le choix de ne pas faire avec alors je fais comme si j’étais forte…. et le principal est le résultat…

Et ce temps qui court sans que j’arrive à le rattraper, et ces coups de fils écourtés avec mon alter ego chacun en train de bosser à un coin de Paris , nous empêchant d’avoir le temps d’échanger comme nous le voudrions….

Et ces mails des amis, de la famille auxquels je réponds à la hâte (et mal) car après 14 heures de boulot, je n’ai pas envie de me remettre devant l’ordi.

Tous ces gens dont c’est peut être le dernier été  et que je ne prends pas la peine de voir maintenant…

Seule lueur d’espoir, comme un phare dans ce brouillard…dans 30 jours le japon, là seront mes réponses, je le sais, là je pourrais enfin être moi, dans la foule grouillante de Tokyo, dans le calme des jardins zen  de Kyoto, et la splendeur du matin à Miyagima…trois semaines pour me réapprendre, me recentrer, 3 semaines pour savoir ce que je veux maintenant et faire un point sur le chemin parcouru depuis un an….

Il ne reste plus qu’à tenir jusque là….

Posté par joli rouge à 02:59 PM - Le billet du passager clandestin….par m’dame - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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